Maslow revisité par le net et la techno

Les présents graphiques des 5 dernières années pourraient se passer de mots. On peut facilement observer comment les réseaux sociaux et les différentes outils numériques redéfinissent la pyramide des besoins de Maslow.

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blooms taxonomy and technology

 

D’autres pyramides ont mis l’accent  sur les blogs et réseaux sociaux uniquement. Sans surprises, ces images ont amenés plusieurs discussion intéressantes avec les élèves et ceux-ci étaient majoritairement en accord avec les images. Elles sont, selon eux,  de belles représentations d’une réalité typique au « Native » de l’ère numérique.

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Leadership centré sur l’humain, design thinking et motivation

Une expérience client positive est essentielle au succès des entreprises du monde entier. Conscientes de l’importance de l’expérience d’utilisateur, les compagnies consacrent beaucoup de temps et d’énergie à des études de marché afin de cerner les besoins de leurs clients. En consultant de multiples sources d’information sur leurs utilisateurs finals et en travaillant avec eux pendant le processus de conception, les entreprises tentent continuellement de créer des produits correspondant le mieux possible aux besoins du client.

Comment pourrions-nous transposer cette « approche de conception » (design thinking) à l’éducation? Que se produirait-il si nous entreprenions de considérer nos élèves, nos parents et nos enseignants comme nos clients – des ressources qui pourraient nous éclairer sur leurs expériences d’utilisateurs avec nos écoles?

En adoptant une approche de conception avec nos partenaires pour résoudre les problèmes qui surviennent dans le système de la maternelle à la fin du secondaire, non seulement trouverons-nous des solutions mieux adaptées à leurs besoins, mais nous développerons aussi leur capacité de diriger et de résoudre des problèmes en collaboration tant à l’intérieur qu’au-delà de notre communauté scolaire.

Un leadership transformationnel qui insuffle une motivation, est-ce que cette approche serait une des voies à prendre?

Vous pouvez aussi consulter l’article du Education Canada Magazine.

Techno et éducation en 2016

En cette fin d’année remplie de projets et de trouvailles, je vous fais part des tendances technologique en éducation pour 2016 dans un billet intéressant, What’s in Store for Education Technology in 2016?,  de Raj Valli, PDG de Tabtor Math (@tabtor).

Voici donc les 4 grandes tendances 2016 ( en anglais):

1. Personalized Learning

Personalized learning got a boost in the news recently when Mark Zuckerberg mentioned his desire to invest in this sector in the open letter he wrote to his new daughter.  There is an increasing demand on our kids to learn more at an earlier age. There are structural shifts in the way we live today with increasing urbanization and the resultant traffic and longer commute times. Newer drivers such as the interest in having kids learn to code and the realization among parents and teachers that personalized learning does lead to significant improvement in learning outcomes — all will make personalized learning become the de-facto focus for 2016 among edtech companies.

2. Coding

We live in an increasingly inter-connected world where technology is upending and transforming pretty much all that we touch. The way we bank, buy goods, get food delivered to our homes, consume books, measure and monitor our health and our overall behavior — are all driven by tech that is coded and crafted by people who want to understand how to make our lives significantly better and at a lower cost. A few companies have begun to make it easier and fun to learn code. This trend is likely to spread to board games, toys, and apps that teach coding.

3. A.I. and Cognitive Science

We all learn something new each day — about ourselves, about the world in which we live, and about the tools we use for making our work more productive. It is only natural that we want the tools we use to become smarter along with us as we learn. For example, Nest thermostats have already begun to learn our temperature preferences within our homes and Google Now understands when we need to start to travel to our next meeting given traffic patterns! This has become possible as a result of the vast quantities of data crunched in real-time to gain insights and paint patterns, a capability that was unimaginable even five years ago.

4. Combining Physical and Digital

Until now, many digital tools have been strictly app- or software-related. 2016 is the year where we are likely to see more physical objects connected with virtual ones. We have seen robots that can be programmed by kids to interact with them, so the physical and digital have already started to merge. In 2016, we should start to see significant enhancements to this capability through virtual reality tools such as Google Cardboard and other “If This Then That” (IFTTT.com)-like tools.

 

Pendant l’hiver 2016, j’aurai aussi la chance d’expérimenter avec mes élèves la Google Classroom. Un projet ambitieux et intéressant qui ouvrira certainement la porte à de nouvelles opportunités. Je prend donc le temps de vous proposer 8 outils (extensions) de Google Drive qui pourraient améliorer votre enseignement: Cometdocs PDF Converter , Doctopus, Google Calendar , PowToon Edu , Pixl Editor , Draw.io , GeoGebra et Google Classroom .

Dans le même vent de changement et de renouveau, je vous propose aussi deux lectures intéressantes:

Hacking Education: 10 Quick Fixes for Every School de Mark Barnes et Jennifer Gonzales

hacking education

50 Things You Can Do With Google Classroom de Alice Keeler et Libbi Miller.

50 things Google Classroom

Enfin, afin que vous profitiez bien du temps de Fêtes 2015, je partage avec vous une infographie de Sylvia Duckworth.

Bonne année 2016 et à bientôt!

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Pratiques pédagogiques gagnantes pour les garçons – suite

par Richard Cliche, enseignant en adaptation scolaire (primaire et secondaire)

Notez bien ici que je ne fais pas une promotion directe des produits mentionnés dans ce billet, mais que je les utilise en tant qu’exemples types.

Dans un billet que j’ai publié le 17 mars 2014, j’ai parlé des pratiques pédagogiques gagnantes à utiliser avec les garçons, qui sont souvent les laissés-pour-compte de notre système d’éducation au Québec.

Parmi les 8 pratiques exposées dans ce billet, trois de celles-ci ont été dernièrement vécues dans des situations concrètes:

– les garçons ont besoin d’apprentissages concrets et de défis;

– tenir compte des intérêts des garçons: mythologie, sports, biographies d’hommes importants, bandes-dessinées et astronomie entre autres;

– l’intégration et l’utilisation des technologies en apprentissage est un « must » pour eux.

Mon fils de huit ans, n’appréciait guère l’école autre que pour ses cours d’arts, éducation physique et mathématique et n’aimait pas vraiment la lecture. Cependant, tout au long de la présente année scolaire, son intérêt pour celle-ci s’est grandement développé. Voici donc le parcours intéressant d’un petit gars qui n’aimait pas lire.

L’automne dernier, après un rentrée « rocailleuse » et un acharnement quotidien des parents pour qu’il lise quelques pages, Thomas cherchait encore ce qui pouvait bien l’intéresser dans les livres. Étant un fervent de super héros et d’homme forts, un certain intérêt pour la lecture a débuté en lisant des bandes dessinées d’Astérix et Obélix, ainsi que des magazines éducatifs tel que Les explorateurs. Pendant l’hiver, sa quête vers le goût de lire s’est ensuite poursuivie avec des romans jeunesse de type Beast Quest ,  très bien adaptés aux jeunes garçons. Au printemps, il nous a faire part d’un projet qu’il voulait réaliser: écrire un livre racontant les exploits sportifs de personnages, en l’occurrence lui-même, son frère et ses amis, dans un univers intéressant pour lui: le hockey. Suite à l’écriture de son texte qu’il a lui même corrigé, il a demandé de l’aide, à ses parents enseignants, pour faire une mise en page avec le traitement de texte et explorer les possibilités d’un futur e-book. Il a ensuite entrepris de faire connaitre sa production en le présentant à son entourage et à son école.

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Le joueur de hockey par Thomas Cliche

Pour clore une année riche en découvertes littéraires, nous lui avons offert un roman dont il est le personnage principal, par le billet du site monroman.ca. Un succès pour nourrir un appétit de plus en plus vorace pour la lecture.

Finalement, j’ai pu observer au fil de l’année scolaire, que la situation académique de cet enfant de 8 ans qui me faisait part de ne plus vouloir aller à l’école en début d’année, s’est grandement améliorée. Développer son intérêt à la lecture a certes demandé beaucoup d’attention et d’implication tant de sa part, que de celles des parents et de  son enseignante Stéphanie Mercier.

Le vécu de cette année dans l’évolution de la littératie de Thomas confirme encore plus les conclusions d’une étude de Higgins et Berger que j’avais mentionnée  dans mon précédent billet à ce sujet. «La littératie scolaire chez les garçons révèle que  la collaboration entre tous les acteurs de l’éducation  joue un rôle de premier plan et que ces derniers doivent mettre l’accent sur la diversification des ressources pédagogiques, l’utilisation de la technologie, le développement de la communication orale et la différenciation pédagogique ».

Je termine donc encore avec la citation de William Butler Yeats : « Éduquer, ce n’est pas remplir un seau, mais allumer un feu ». Dans le présent cas, le feu pour le goût de la lecture est bien pris, il ne reste qu’à souffler pour que ce goût s’embrase encore plus.

 

Comment le numérique changera l’école?

À l’approche du Rendez-vous des écoles francophones en réseau (REFER) 2015 où la thématique sera Le numérique à l’école: entre humanisme et utilitarisme, j’ai pensé partager avec vous différentes pistes de réflexions sur comment le numérique changera l’école?

Tout d’abord, un récent rapport de Drouin, Guay, Ouimet et Parent (2014) nous parle Des perspectives d’utilisation des TI en éducation au Québec.  La première partie de ce document dresse le portrait de grandes tendances qui émergent actuellement quant à l’utilisation des TI en contexte pédagogique : l’infonuagique, les données, la mobilité et l’éducation ouverte. La seconde partie se penche, quant à elle, sur les éléments formant les écosystèmes d’apprentissage qui se déploient actuellement, selon des modalités différentes, à chaque palier du système d’éducation : les acteurs, les données éducatives numériques et les dispositifs technologiques qui les supportent. La troisième partie positionne une série d’enjeux que le GTN-Québec juge déterminants pour une implantation efficace et réussie des TI en contexte pédagogique. Finalement, la dernière partie brosse le portrait des enjeux liés au déploiement des TI à chacun des trois ordres d’enseignement.

Dans la même veine d’offrir différentes perspectives, un billet de Martin Lessard, suite à sa participation au congrès de Clair 2015, nous apporte différentes perspectives sur le sujet: Le numérique doit-il changer le milieu de l’éducation? « La technologie permet donc de modifier le contexte d’apprentissage (…) elle met l’apprenant au centre de son apprentissage. Elle ouvre toute sorte de nouvelles perspectives: ludification, classe inversée, cours massif en ligne (MOOC), école en réseau. Mais peut-on dire que ces changements apportent réellement quelque chose de positif aux élèves? »

D’un côté, l’intégration et l’usage des TIC a certes modifié notre façon d’enseigner et les manières d’apprendre des élèves et ce, avec différents impacts culturels et sociaux. Un article de Collin et Karsenti (2013), « Usages des technologies en éducation : analyse des enjeux socioculturels »,   propose un tour d’horizon des résultats de leur recherche et des recommandations qu’ils formulent. De l’autre côté cependant, dans un billet Professors Know About High-Tech Teaching Methods, but Few Use Them publié sur le blogue The Chronicle of Higher Education, il est étonnant de voir que plusieurs pédagogues possèdent les connaissances et compétences technologiques pour modifier leur approche pédagogique, mais demeurent encore hésitants à les utiliser et les intégrer.

Dans le même ordre d’idées, un récent article sur Profweb de Laflamme et Turgeon, on nous offre un compte-rendu d’un récent webinaire, Clearing the Confusion between Technology Rich and Innovative Poor, présenté par Alan November. On se questionne à savoir si l’intégration des TIC en classe rend réellement notre pratique innovante. On nous fait aussi observer l’importance de faire une distinction entre une utilisation riche et une utilisation novatrice des technologies. Lorsque les enseignants utilisent le numérique à l’école, November nous propose de  réfléchir à la définition de l’innovation en matière de technologies éducatives et d’évaluer leur propre pratique par le billet de 6 questions:

  1. L’utilisation du numérique pour une tâche contribue-t-elle au développement de l’esprit critique sur le web?
  2. Est-ce que la tâche demandée a permis aux étudiants de développer de nouvelles perspectives?
  3. Les étudiants ont-ils l’occasion de rendre leur processus de réflexion « visible » ?
  4. Les étudiants ont-ils la possibilité d’élargir leurs perspectives et d’établir un dialogue auprès d’un auditoire international?
  5.  Les étudiants ont-ils la possibilité de contribuer à une cause (action engagée)?
  6. Est-ce que la tâche demandée souligne les meilleures réalisations étudiantes à travers le monde?

Qu’on le veuille ou non, l’éducation devra faire face au rythme effréné du développement technologique et s’y adapter, tant pour la pérennité du système d’éducation que pour le développement des citoyens de demain. Le site Te@chtought nous offre un aperçu de la manière dont la technologie changera l’éducation dans les 15 prochaines années via le billet 30 Incredible Ways Technology Will Change Education By 2028.  Pour ce qui est de l’apprenant actuel, celui-ci devra être en mesure de développer de nouvelles habiletés pour le marché du travail de 2020. Davies, Fidler et Gorbis (2011) nous en font part dans un rapport de l’Universtié de Phoenix, Future Work Skills 2020 .

Enfin, plusieurs recherches ont évalué l’impact des TIC en éducation. Vous pouvez les retrouver sur cette liste non-exhaustive de liens vers des recherches, rapports, études et articles sur des thématiques liées à l’impact du numérique sur l’apprentissage des apprenants. Aujourd’hui, la recherche se fait plus ciblée : l’ impact des TIC est établi depuis près de 20 ans maintenant !

Alors, comment le numérique changera l’école? Au plaisir d’en discuter avec vous au REFER 2015.

 

Richard Cliche

Clair 2015, un clin d’oeil

Du 29 au 31 janvier dernier avait lieu le colloque international de Clair au Nouveau-Brunswick. Quelques jours avant cet événement, ma motivation a atteint un creux et je réfléchissais beaucoup sur le Pourquoi de tout cet investissement de moi-même dans ma profession d’enseignant et de l’énergie donnée à la recherche de la pratique pédagogique innovante qui éveille l’étincelle chez mes élèves.

Comme à chacune de mes présences à ce colloque (il s’agissait de ma troisième participation), j’y ai trouvé un regain d’énergie et de motivation. Ce rendez-vous m’a aussi permis  de retrouver des gens qui enrichissent mon quotidien via Twitter, blogues et les différents réseaux sociaux, mais aussi d’ajouter de nouveaux contacts à mon réseau au fil des belles rencontres que j’ai eues.

Les différentes conférences, particulièrement celles de Mario Asselin et de Lise Galulga , ainsi que les discussions auxquelles j’ai assistées m’ont permis de retrouver l’essence même de tout cet engagement quotidien que je donne à mon métier, à mes collègues et surtout à mes élèves: la conviction de pouvoir marquer et changer la vie de chacun! Que ce soit par les liens créés avec mes élèves, les discussions  enrichissantes avec les collègues, les yeux brillants d’un adolescent qui vient de comprendre après une explication ou l’excitation d’essayer une manière innovante pour faire apprendre, voilà ce que je venais chercher à Clair 2015! (en réponse à la question de @P_gagnon au début du colloque).

Enfin, après ces 3 visites à ce rassemblement dans le superbe centre de formation de la Haute Madawaska, je crois que l’abécéClair de Julie Chandonnet est billet qui résume très bien ce qu’est l’expérience de Clair.

 

Vous trouverez plus bas des billets très intéressants faisant le compte-rendu de Clair 2015:

Audrey Miller, Souvenirs de Clair 2015

Annick Arsenault Carter, Merci Clair 2015

Patrick Giroux, Clair 2015, trois constats

Roberto Gauvin, Clair 2015, l’émergence du possible…

Émilie Arsenault, Clair 2015

Karine Godin-Tremblay, Au coeur de #Clair 2015

Anick Sirard, De riches rencontres

Andrée Marcotte, Rencontre au sommet de technopédagogues passionnés!

Brigitte Léonard, Le pouvoir de #Clair

 

Pour ceux qui n’ont pu assister à  ce colloque, vous avez aussi la chance de pouvoir visionner Tous les vidéos des conférences de Clair.

Merci à tous les organisateurs et participants qui font ce rassemblement une expérience enrichissante et hors de l’ordinaire, mais aussi une génératrice d’étincelles nécessaire au changement!

Je termine donc sur cette image partagée par Jacques Cool

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Questionner les élèves, pourquoi?

Malgré le fait que dans notre pratique on questionne souvent les élèves, mettre l’emphase sur cette stratégie peut s’avérer bénéfique pour l’amélioration de notre pédagogie. Avec des questions qui favorisent plus la compréhension, elle donnera une valeur ajoutée à notre enseignement. Dans un contexte d’apprentissage, il est évident que le but ultime est de s’assurer que l’élève aie saisi et compris quelques chose. Cependant, il peut être bien de réfléchir sur les questions que l’on pose aux élèves, à savoir si celles-ci améliorent vraiment la compréhension ou si elles enfoncent l’élève dans son incompréhension et son sentiment d’incompétence.

Comment améliorer la compréhension des élèves par le questionnement?  Le site australien Pinnacle Education propose diverses stratégies d’enseignement dans un billet de Shaun Killian: Top 10 Evidence Based Teaching Stratégies.

Afin de s’assurer que les questions posées sont utiles à la compréhension et  au développement de stratégies chez les élèves, nous pouvons leur demander soit de réexpliquer différentes notions, soit comparer leur choix de stratégies actuelles à celles utilisées avant. Nous pouvons aussi demander, dans certains cas,  de justifier leur choix de stratégies, ou tout simplement de définir ou identifier la problématique. Une liste sommaire pour vérifier la compréhension des élèves de Mia MackMekkin: 27 Simple Ways To Check For Understanding, s’est avéré un outil fort utile pour évaluer  le succès de la stratégie du questionnement.

Finalement, à vouloir tenter de mieux questionner les élèves pour augmenter leur compréhension on pourrait se retrouver hors des sentiers battus. Est-ce que l’apprentissage personnalisé pourrait-être une piste?