Contrer les fake news

par Richard Cliche

Dernièrement, j’ai partagé sur ma page Facebook une infographie du magazine Curium portant sur les fake news. J’en profite aussi pour vous offrir différents outils par le billet de la page Réseaux sociaux et citoyenneté numérique de mon blogue. Vous y trouver différents liens pour l’intégration des réseaux sociaux en classe, développer l’esprit critique face au numérique, contrer les fake news et l’éducation à la citoyenneté numérique.

Fake news -curium

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Anxiété et évaluations

par Richard Cliche, avec une collaboration spéciale de Chantal Lapierre

Avec la fin de l’année et les évaluations qui arrivent à grands pas, voici quelques outils forts intéressants afin de préparer les élèves à faire face à ces moments stressants et où l’anxiété est à son maximum.

Tout d’abord, un petit vidéo dynamique et rigolo de Alloprof, La préparation aux examens (trucs et conseils), explique bien comment gérer cette étape importante de l’année à tous types d’élèves.

Une présentation du service à la vie étudiante de l’UQAM, Gestion dus stress en contexte  d’examen, se veut complète, très intéressante et  applicable à tous les niveaux éducatifs.

Technique de centration

 

Enfin, le gouvernement du Québec a produit un document, L’anxiété chez les enfants, qui s’adresse à toutes les catégories d’âges et qui offre plusieurs ressources.

Outiller les jeunes face à l’anxiété, c’est leur donner des outils pour mieux faire face aux différentes situations de la vie!

La rétroaction

C’est quoi?

En enseignement, donner une rétroaction à un élève, c’est lui donner une information après avoir observé comment il réalise une tâche donnée – information qui l’aide à s’améliorer dans l’accomplissement de cette tâche.

Pourquoi?

Permet d’indiquer à l’élève ce qu’il pourrait faire pour s’améliorer.
Un exemple : Chloé, ton paragraphe n’est pas complet, tu dois y inclure une phrase qui annonce le sujet.
Un contre exemple : Bianca, tu as eu 8/10 au test d’orthographe.
Une rétroaction ne devrait pas inclure de jugement à propos de l’élève. Il faut plutôt mentionner les actions spécifiques qu’il a posées pour réaliser la tâche.

3 types de rétroactions

La rétroaction de base consiste à indiquer à l’élève si la réponse qu’il a donnée est correcte ou incorrecte (et à lui donner la bonne réponse).

La rétroaction instructive indique à l’élève quel élément il a besoin de travailler pour améliorer sa performance, par exemple, en lui fournissant une stratégie pour le faire (ex.: estimer le résultat d’un problème ou d’un calcul avant de l’effectuer).

La rétroaction d’entrainement pousse l’élève à réfléchir à une façon d’améliorer sa performance sans lui montrer explicitement quoi faire, et ce, en utilisant le questionnement stratégique.

L’usage de la rétroaction doit donc être accompagné de l’instauration d’une relation enseignant-élève de qualité. Il importe également de faire comprendre aux élèves que l’erreur n’est pas quelque chose qu’il faut éviter à tout prix, puisqu’elle fait normalement et essentiellement partie du processus d’apprentissage. La rétroaction est même plus efficace lorsque les élèves commettent des erreurs et qu’ils sont ouverts à apprendre de ces erreurs.

Quelques faits en lien avec la rétroaction:

  • Il semblerait que la capacité des enseignants de prévoir les erreurs des étudiants
    rend les enseignants plus aptes à aider les jeunes à apprendre.
  •  L’erreur est le meilleur professeur.
  •  Selon les chercheurs, le cerveau apprendrait de 2 façons:
    L’apprentissage par évitement: une expérience négative qui conditionne le cerveau à éviter de se retrouver de nouveau dans cette situation.
    L’apprentissage basé sur la récompense : une expérience positive que le cerveau
    traite comme une récompense.
  • Les élèves qui demandent des indices à leur enseignant obtiennent généralement de meilleurs résultats scolaires que ceux qui exigent une réponse rapide au problème qu’ils n’arrivent pas à résoudre seuls. (UQTR)
  • Reconnaitre que la réussite aux examens ne constitue pas le but de l’éducation. Elle est plutôt la conséquence d’un apprentissage efficace. (Watkins)
  • Reconnaitre que la pression et l’adoption d’une approche centrée sur la performance ne parviennent pas à améliorer le rendement des élèves. (Wakins).

Ce billet tire ses sources d’un article de Lucie Barriault (mai 2016), Comment et pourquoi donner des rétroactions aux élèves ainsi que d’une collaboration spéciale de Chantal Lapierre, orthopédagogue.

Ludification des apprentissages et ludomythes

par Richard Cliche

La dernière édition du REFER avec comme thématique l’école en jeu (x) et la ludification des apprentissages y a occupé une grande place.

Dans un article de … sur profweb, Jean Desjardins, conseiller pédagogique au Collège Sainte-Anne :

ludifier, c’est scénariser une séquence d’apprentissages autour d’un thème. C’est aussi mettre au défi les élèves en ponctuant les apprentissages des dynamiques des jeux pouvant être pédagogiques.

Ludifier les apprentissages

Deux articles forts intéressants proposent différentes manières d’intégrer la ludification dans la pédagogie.

Ainsi, Dal-Pan (2017), dans son article « Le jeu comme stratégie d’apprentissage« , nous offre une belle synthèse de la ludification et du jeux sérieux, mais aussi un tour d’horizon des ressources disponibles.

De son côté, Desjardins (2015), dans son  article De la ludification des apprentissages à la narration transmédia, nous propose 15 dynamiques de jeu pour aider la planification de la ludification des apprentissages.

Ludomythes

Lors de l’édition 2019 du REFER, Margarida Romero, et Eric Sanchez, nous ont aussi entretenu au sujet des ludomythes, ces idées fausses sur le jeu et l’apprentissage.

  1. L’apprentissage par le jeu est une idée nouvelle
  2. Le jeu, c’est surtout pour les garçons, surtout pour les enfants
  3. Le jeu, une façon de tromper l’élève, une ruse pédagogique
  4. Les jeux dédiés à l’apprentissage ne sont pas amusants
  5. Pour rendre ludique une situation d’apprentissage, il suffit d’y ajouter des points, des badges ou des médailles
  6. Ce qui est un jeu pour nous -enseignants- est perçu comme un jeu par les apprenants
  7. Le jeu est une activité solitaire qui privilégie la compétition
  8. Dans les jeux sérieux, l’aspect ludique l’emporte sur les apprentissages
  9. Le jeu, c’est surtout pour développer des connaissances procédurales
  10. Un enseignant peut être avantageusement remplacé par un jeu
  11. On apprend en jouant

Envie de ludifier ?

Pour les enseignants désireux d’intégrer la ludification dans leur pédagogie, Landers recommande de regarder la vidéo de la célèbre conceptrice de jeux vidéo Jane McGongial. La vidéo est en anglais, mais peut être sous-titrée en français.

Enfin, il y a actuellement une hausse d’intérêt pour la ludification, mais l’utilisation du jeu comme outil pédagogique n’est vraiment pas chose nouvelle. La ludification, c’est déconstruire les jeux, les analyser et trouver pourquoi ils sont intéressants et motivants. Est-ce en raison de la compétition? Est-ce imputable à l’interaction humaine? Est-ce dû à la fiction? Une fois ces éléments trouvés, on les transpose dans un autre contexte, soit celui de l’apprentissage. C’est ce qui constitue la nouveauté entre la ludification et les jeux sérieux (Landers dans un article de l’École branchée).

 

Gérer le changement-3 : rassembler l’équipe école vers une mentalité de croissance

par Richard Cliche

Suite à la publication de deux précédents billets, sur la gestion du changement, Gérer le changement – 1: l’expérience utilisateur et Gérer le changement – 2 : le design thinking, j’ai pu assister, lors de la dernière édition du REFER,  à une Table ronde – Regards croisés : Outils et stratégies de pilotage du changement: Comment manager le changement et gérer l’innovation en milieu éducatif ? Quels enjeux pour l’École du XXIè?.* Cet échange se voulait un moment où plusieurs gestionnaires ont pu discuter de gestion du changement en apportant des expériences et des exemples concrets pour mieux vivre celui-ci.

D’entrée de jeu, Marc-André Girard,conférencier lors de cette table, nous mentionne l’importance de d’abord s’adapter au changement avant d’y répondre. Pour lui, il importe de développer une « mentalité agile », principalement axée autour de trois fondements incontournables :

  1. Se concentrer sur les bonnes choses, soit celles qui comptent vraiment.
  2. Adopter une posture d’apprenant, comme dans tous les modèles de leadership.
  3. Considérer que tout ce qu’on fait peut être amélioré.

Comment mobiliser l’équipe école?

Dans un article publié en juin 2017, Girard fait aussi référence à une allocution de Karyne Gamelin tenue lors de uLead17 où elle mentionne que, le fait de reconnaître ses propres erreurs et d’en prendre la responsabilité incite les enseignants et les autres membres de l’école à faire de même. La prise de risques calculés devient également, grâce à une communication honnête, un élément qui, non seulement soude la confiance entre les membres de l’équipe, mais permet à l’école d’évoluer et d’épouser le changement et la transformation en cumulant les petites histoires quotidiennes de succès dans chaque classe.

Cette manière de faire en gestion a aussi été partagée par les participants de cette table ronde. Ainsi, ils ont parlé de l’importance de :

    • d’être collé à la réalité terrain, écouter, sentir, comprendre ce qui se passe;
    • de viser et d’utiliser un leadership partagé parmi tous les acteurs de l’équipe;
    • de trouver des projets rassembleurs;
    • de s’assurer que la bienveillance transcende l’école et de viser le développement durable
    • de favoriser les échanges de pratiques professionnelles en complément à la formation initiale
    • de la nécessité d’une approche réflexive de la part de tous les acteurs et de la rétroaction afin de toujours s’améliorer
    • de reconnaître que les enseignants sont des professionnels des apprentissages
    • de décloisonner les pratiques, les classes, les horaires, les matières et âges, pour que tous travaillons ensemble en collaboration;

Sur ce dernier point, l’exemple du Hubschool21, pourrait s’avérer un modèle fort intéressant si l’on désire que l’école devienne un écosystème mettant l’accent sur la relation aux autres et sur le concret des apprentissages.

Il est ressortit un constat général lors de cet échange, soit  que le pire ennemi de l’éducation est le confort.

Enfin, quelque autres lectures pourraient s’avérer fort intéressantes afin d’améliorer la gestion d’une école qui est actuellement en continuel changement:

Les 10 caractéristiques du leader de demain – Revue gestion HEC Montréal

Gestes concrets pour soutenir la passion chez les enseignants, entretien avec André-Marc Goulet, directeur-adjoint des services éducatifs, CS de la Capitale.

*Participaient à la table ronde du REFER 2019: Fanny Peissik, Monique Roiné, Isabelle Senécal, David Belhassein, Marc-André Girard, Jocelyn Simard et Marc-André Smith. Animation par Yves St-Maurice.

Les neuromythes

par Richard Cliche

Lors de la dernière édition de REFER 2019, Christopne Rodo, étudiant au doctorat en neurosciences, nous a entretenu au sujet des neuromythes. Certes, il s’agit d’un sujet qui a déjà été abordé, mais qui est toujours d’actualité.

C’est quoi un neuromtyhe?

« Un neuromythe correspond à une idée fausse ou à une croyance erronée sur le cerveau humain et son fonctionnement. À sa base, il y a un fait scientifiquement exact, mais qui peut, pour toutes sortes de raisons, être ensuite exagéré ou déformé. Un neuromythe fait alors son apparition. » (Van Dijk, 2017)

Ainsi, Senécal et Brazeau ont produit un très bon document sur Les Neuromythes, pour Innovations Ste-Anne.

En voici quelques uns:

  • Les élèves apprennent mieux quand on leur enseigne dans leur style d’apprentissage (visuel, auditif, kinesthésique, etc.).
  • Certains élèves sont « cerveau gauche », alors que d’autres sont plutôt « cerveau droit », ce qui expliquerait leurs différences en termes d’apprentissage.
  • De courtes séances d’exercices de coordination favoriseraient la communication entre les deux hémisphères du cerveau.
  • Il existerait huit types d’intelligence indépendants (linguistique, musicale, etc.) qui pourraient servir à orienter les pratiques pédagogiques, et chaque personne aurait une intelligence dominante.
  • Boire moins de six à huit verres d’eau par jour pourrait réduire la taille du cerveau.
  • Une croyance veut que nous n’utilisions que 10 % de notre cerveau, ce qui laisse sous-entendre que les autres 90 % demeurent inexploités.
  • L’écoute de la musique de Mozart (ou autre musique classique) peut améliorer l’intelligence.
  • Il existerait des périodes critiques où certains apprentissages sont essentiels
  • Les « natifs du numérique » seraient capables, contrairement aux autres générations, de faire du multitâche.

Dans ce document, nous pouvons aussi y retrouver quelques savoirs appuyés par la recherche, mais aussi des pistes pour éviter les neuromythes.

Le réseau de l’information pour la réussite éducative (RIRE) a aussi produit un très bon dossier en 2018 sur les neuromythes en éducation.

Bonne lecture!

À la découverte de la génération A

par Richard Cliche

Dans un article très intéressant de Williamsspet (2015) du New York Times, Meet Alpha: The Next ‘Next Generation, la génération Alpha fait partie d’une expérience globale involontaire dans laquelle des écrans sont placés devant eux dès le plus jeune âge en tant que sucettes, animateurs et aides pédagogiques. Ils ont commencé à naître en 2010, année de la création de l’iPad, de la création de Instagram et du mot «application» de l’année. Ils ont donc été davantage considérés comme des «agents de projection» par rapport aux écrans fixes du passé. . Pour cette raison, nous les appelons également Generation Glass.

Fred Cavazza résume très bien cette génération montante. Si vous voulez réellement préparer l’avenir et prendre place dans le subconscient des futurs élèves, ce sont les membres de la génération A qu’il faut cibler maintenant. Ils sont nés quasiment en même temps que YouTube, Spotify, Netflix ou AdBlock+. Ils ont grandi dans un environnement entièrement numérique avec un accès permanent à une infinité de contenus et services. Dès la 6ème, ils ont déjà fait le tour des YouTubeurs les plus connus et se tournent vers des contenus nettement plus trash (ex : le Gauntlet Challenge) et ne se satisfont plus de ce qu’ils peuvent voir à la TV ou entendre à la radio.

Ça sera donc, et de très loin, l’audience la plus complexe à adresser. Ne pensez pas attirer leur attention avec les mêmes recettes que pour les générations précédentes, il va falloir vous surpasser, aussi bien dans la créativité que dans l’exécution. 

Comme le mentionne le Conseil supérieur de l’éducation, il faut sortir l’école de l’approche médical et y implanter une approche plus universelle. Il faudra donc que le monde de l’éducation procède à un changement de paradigme éducatif très bien vulgarisé et expliqué par Sir Ken Robinson.

Certaines initiatives permettent de croire que ce changement de paradigme est belle et bien enclenché. Cependant, au cours des prochaines années, il faudra que ce changement s’accélère si l’on veut que le système éducatif demeure en lien avec la réalité que vivra cette génération.

N,hésitez pas si vous avez des exemples ou des suggestions à partager!