La motivation et le sentiment de compétence

Le métier d’enseignant repose en grande partie sur le capacité du pédagogue à être un fin motivateur. Lorsque l’on réussit à ancrer chez l’élève qu’il est capable de réussir, et ce souvent malgré certains handicaps ou difficultés d’apprentissage, cette croyance éveille en lui une motivation intrinsèque à vouloir réussir et à se dépasser.

Cette stratégie est incluse dans mes premiers discours « brise glace » du début d’année avec les élèves et est renouvelée de façon hebdomadaire, si non quotidiennement, selon les besoins. L’année scolaire n’est pas « un long fleuve tranquille », il s’agit plutôt d’un temps composé de hauts et de bas. Il est donc important de s’ajuster en fonction du pouls du groupe et souvent même à celui de l’élève pris individuellement.

Curieusement,  lors d’une discussion avec les élèves, ceux-ci m’ont fait part que ce n’est pas les mots d’encouragement qui les aident à se motiver, mais plutôt l’optimisme et la confiance qu’on a en eux. Ils ont même mis l’emphase sur le fait que pour cette stratégie, la confiance est la clé, elle atténue leur sentiment d’incompétence et leur permet de croire en eux-mêmes et crée une volonté à se dépasser.

Lorsqu’on a ensuite regardé  et discuter à propos d’un billet publié sur le blog web pédagogique portant sur  L’Illusion d’incompétence fléau méconnu de nos classes? , je leur ai demandé de me faire part quelles techniques employées dans notre pratique pour atténuer ce sentiment  avaient le plus d’impact. Ce sont celles développant le lien émotif que nous avons avec eux qui sont le plus ressorties :

  • avoir une attitude bienveillante en tant qu’enseignant (valoriser le moindre effort, se concentrer sur l’encouragement et les réussites plus que sur la comparaison avec une norme ou des programmes) Être dans l’éducation positive.
  • Prendre le temps d’expliquer les échecs, les relativiser, les discuter.
  • Favoriser un dialogue des émotions et des ressentis par rapport aux apprentissages (une fois par semaine, qu’as-tu compris, Comment t’es-tu senti par rapport à ces notions nouvelles? qu’as-tu trouvé difficile, pensais tu réussir, es-tu heureux d’avoir réussi?)

On peut donc observer que le lien est primordial pour eux et que les encouragements, c’est bien, mais ont beaucoup moins de portée si le lien n’est pas créé d’abord. Est-ce une particularité d’une clientèle de l’adaptation scolaire? Peut-être. Cependant, je crois que la construction d’un tel lien est bénéfique à tous les types d’élèves.

Enfin, suite à ces discussions, j’ai pu aussi faire une corrélation entre les besoins de mes élèves au niveau motivationnel et ce que le billet 21 Simple Ideas To Improve Student Motivation  sur le site Te@chThought propose.

Voici  différents aspects sur lesquels  nous devons mettre  l’emphase pour maintenir la motivation:

  • Un sentiment de choix et contrôle et offrir des responsabilités;
  • Des experiences variées dans des environnements variés;
  • De la competition positive, surtout dans une classe très masculine;
  • Encourager l’auto-réflexion et les aider à trouver leur motivation intrinsèque;
  • Créer de l’intérêt, du plaisir et des opportunités de succès
  • Faire un suivi de leur progrès et offrir une rétroaction la plus ponctuelle possible.


Nous pouvons donc admettre qu’au moins  2 conditions sont nécessaires à la création d’un environnement favorable à la réussite de  cette stratégie. Premièrement, un lien concret avec l’élève, il doit sentir qu’il a de l’importance pour l’enseignant. Deuxièmement, avoir un esprit ouvert en tant que praticien à vouloir expérimenter de nouvelles choses dans des contextes différents. C’est lorsque ces deux conditions sont réunies que l’on a toute l’attention de l’apprenant et qu’on devient motivant.

Finalement, Ramsey Musallam (Les Conférences TED Éducation) prpose  3 règles pour déclencher l’envie d’apprendre: éveiller la curiosité et la motivation chez les élèves par le vocabulaire qu’on  j’utilise; questionner sans cesse, ne pas avoir peur d’essayer et de se tromper;  et finalement réfléchir sur sa pratique et innover celle-ci.

Comment faire grandir la curiosité? Comment questionner pour mieux comprendre? Comment innover ma pratique? On peut  trouver différentes réponses, quelles sont les vôtres?

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What Students Will Learn In The Future

,  by , 05/29/2014 full posting at http://www.teachthought.com/learning/what-students-will-learn-in-the-future/

what-students-will-learn-in-the-future

A lot is implied in the content areas we choose to disperse the world through.

That’s essentially what classes and content areas are–perspectives to make sense of the world. If the world changes, should they change?

These words and phrases that we now associate with schools, teachers, and assignments reflect our priority as a culture. This is the information and thinking we value and want our children to understand. It also implies what we think is useful, presumably (unless we’re intentionally teaching content that we think is use-less).

(…)

What kind of changes might we expect in a perfect-but-still-classroom-and-content-based world? What might students learn in the future?

Of course any response at all is pure speculation, but if we draw an arc from classical approaches to the Dewey approach to what might be next–factoring in technology change, social values, and criticisms of the current model–we may get a pretty decent answer. This assumes, of course a few things (all of which may be untrue):

1. We’ll still teach content

2. That content will be a mix of skills and knowledge

3. Said skills and knowledge will be thematically arranged into “content areas”

Note that these classes are arranged as a hierarchy, starting with content for younger children (around 6-8 years old), all the way to university age (18-24 years old). All classes would (speculatively) be taught to all students of all ages, with changes in priority available for personalized learning based on age, local values, etc.

It’s also important to note that none of this means that in a system like this we wouldn’t teach math, science, literature, etc., but rather that we might reframe how and why we teach math, science, literature, etc., all while merging them and bringing in new thinking, skills, and ideas into truly modernized content areas.

The Content Of The Future: 8 Content Areas For Tomorrow’s Students

1. Literacy

Big Idea: Reading and writing in physical & digital spaces

Examples of traditional ideas and academic content areas included: Grammar, Word Parts, Greek & Latin Roots, The Writing Process, Fluency; all traditional content areas

2. Patterns

Big Idea: How and why patterns emerge everywhere under careful study

Examples of traditional ideas and academic content areas include: Grammar, Literature, Math, Geometry, Music, Art, Social Studies, Astronomy

3. Systems

Big Idea: The universe—and every single thing in it–is made of systems, and systems are made of parts.

Examples of traditional ideas and academic content areas include: Grammar, Law, Medicine, Science, Math, Music, Art, Social Studies, History, Anthropology, Engineering, Biology; all traditional content areas by definition (they’re systems, yes?)

4. Design

Big Idea: Marrying creative and analytical thought

Examples of traditional ideas and academic content areas include: Literature, Creativity, Art, Music, Engineering, Geometry

5. Citizenship

Big Idea: Responding to interdependence

Examples of traditional ideas and academic content areas include: Literature, Social Studies, History; Civics, Government, Theology

6. Data

Big Idea: Recognizing & using information in traditional & non-traditional forms

Examples of traditional ideas and academic content areas include: Math, Geometry, Science, Engineering, Biology;

7. Research

Big Idea: Identifying, evaluating, and synthesizing diverse ideas

Examples of traditional ideas and academic content areas include: English, Math, Science; Humanities

8. Philosophy

Big Idea: The nuance of thought

Examples of traditional ideas and academic content areas include: Ethics, Literature/Poetry, Art, Music; Humanities

Twittérature et adaptation scolaire

par Richard Cliche, enseignant adaptation scolaire

En septembre 2012, lorsque j’ai découvert qu’un concours de twittérature aurait lieu pendant l’automne, j’ai saisi l’occasion de prendre une avenue différente pour initier mes élèves à Twitter, mais aussi pour les inciter à écrire. Je voyais ici une opportunité d’éveiller une clientèle EHDAA à la technologie et à une manière différente d’écrire. J’ai donc expliqué le but du projet à un groupe de 20 élèves, où 3 élèves sur 4 sont des garçons.

Au tout début, mes élèves étaient perplexes. Après un atelier sur les figures de style et un modelage de ma part, ceux-ci ont décidé d’embarquer. Ils ont donc passé 150 minutes (2 périodes au secondaire) à œuvrer sur leur tweet de 140 caractères. Certains, plus rapides, ont même pris l’initiative d’aller aider des collègues en manque d’inspiration. La participation de mon groupe m’a grandement surprise et le suivi quotidien qu’ils faisaient par rapport à l’évolution du concours était étonnant. Ils ont pu observer l’impact de leur travail sur les réseaux sociaux et ont aussi suivi avec assiduité l’évolution de leur collègue du primaire. Quelle joie et fierté ils ont eu au jour décisif où un élève de ma classe a été déclaré vainqueur au niveau secondaire.  Voici son tweet : L’ordinateur, la tablette, le téléphone mobile, le MP3, les réseaux sociaux. Le futur, c’est une série de mises à jour en continu. 

Quelques mois plus tard, lors du congrès de Clair 2013 auquel je participais, j’ai eu la chance de rencontrer M. Jean-Yves Fréchette (@JYFrechette). Cette rencontre et la discussion que j’ai eue avec lui furent un des éléments de motivation supplémentaires à poursuivre l’utilisation de Twitter dans ma pédagogie. Lors de cet événement, 2 autres rencontres importantes ont marqué les activités pédagogiques que je désirais implanter en classe. Brigitte Léonard  (@BrigitteProf), enseignante de la classe lauréate au niveau primaire, m’a fourni de précieux conseils pour l’intégration des TIC dans mon enseignement. De son côté, Anick Sirard (@ASirard) s’est avérée une partenaire professionnelle aux innombrables ressources dans le développement d’une activité pédagogique intégrant les TIC, Twitter et l’enseignement collaboratif.

Cette séquence d’enseignement avait comme thème les merveilles du monde (#MduM) et se faisait en collaboration entre ma classe et celle de secondaire 1 de Mme Sirard. En plus de comprendre différentes approches pédagogiques : la classe inversée, les intelligences multiples et  l’intégration des TIC dans l’utilisation de Twitter, d’un  « Sondail » (sondage sur un T-shirt) ainsi que d’un  Littmob,  la séquence permettait de faire vivre une expérience de vie à l’élève en l’invitant à se préparer à faire un voyage vers une des merveilles du monde. Les élèves devaient alors organiser leur expédition en faisant une demande de financement, en préparant  leur départ (valise, papier officiels, etc.) et en allant chercher de l’information touristique. Malgré que j’ai été dans l’obligation de tronquer quelques parties de la séquence par manque de temps, les élèves m’ont avoué que de vivre ce genre de situation d’enseignement était pour eux, la vision de comment l’école doit s’y prendre pour leur apprendre des savoirs et des compétences. À noter  ici, que ce sont majoritairement des garçons qui m’ont fait cette observation.

Au courant du printemps 2013, les élèves ont participé avec entrain au concours de twittérature de Bordeaux. Nul besoin de vous dire qu’en comparaison avec le concours de l’automne 2012, ils étaient maintenant très autonomes dans la réalisation de leur tweet. Dans ce même climat de twittérature  printanière, nous nous étions préparé aussi à participer au débat silencieux organisé par Marie Germain (#dbts13), mais le contexte ne nous a pas été favorable. Les élèves ont tout de même trouvé l’idée originale et ont montré un grand désir de participer à la prochaine édition.

Enfin, c’est en février 2014 que j’ai pu répéter avec ma classe les aventures du concours de twittérature organisé par le REFER. Nouvelle cohorte d’élève, donc nouveau style de participation : la majorité de la classe a préféré composer les tweet en équipe pour cette édition.  L’activité les a surpris, mais cette fois-ci, ils étaient motivés par la victoire de mon élève de l’année dernière, dont le tweet est affiché en classe. Je suis donc très heureux de pouvoir être présent à Québec les 20 et 21 mars 2014 pour ce rendez-vous et de pouvoir , à mon retour, discuter avec mes élèves des bons moments que j’y aurai vécus.

Pratiques pédagogiques gagnantes pour les garçons

par Richard Cliche, enseignant en adaptation scolaire

Lors du dernier TEDx Wilfrid-Bastien en février 2014, Patrick L’Heureux, responsable des services à l’éducation préscolaire et à l’enseignement primaire à la Fédération des établissements d’enseignement privés (FÉEP), nous a parlé des pratiques pédagogiques gagnantes à utiliser avec les garçons, qui sont souvent les laissés-pour-compte de notre système d’éducation au Québec. Voici les 8 pratiques dont il a parlé:

1- les garçons ont besoin d’apprentissages concrets et de défis;

2- ils se contentent d’une vision globale d’une notion ou d’un concept et non des détails;

3- l’utilisation des lignes du temps leur permet de mieux  situer les notions dans l’espace temps;

4- lorsqu’on leur enseigne, il faut apprendre à se contenter des réponses sans « fioritures »;

5- tenir compte des intérêts des garçons: mythologie, sports, biographies d’hommes importants, bandes-dessinées et astronomie entre autres;

6- dans la mesure du possible offrir des devoirs différents aux garçons et aux filles;

7- tenir compte qu’ils ont une capacité d’intérêt de 20 à 25 minutes et de ne pas dépasser plus de 5 consignes;

8- enfin l’intégration et l’utilisation des technologies en apprentissage est un « must » pour eux.

Ces pratiques peuvent s’avérer fort utiles dans la lutte au décrochage des garçons et dans l’évolution des groupes d’adaptation scolaire où  ceux-ci sont surreprésentés par rapport aux filles. De plus, constatant que 70% de la clientèle d’adaptation scolaire est composée de garçons, Égide Royer, psychologue et professeur en adaptation scolaire à l’Université Laval, a renchéri avec la réflexion suivante: est-ce un problème de motivation émanant de l’élève ou est-ce que l’environnement éducatif exige trop des garçons? La lecture de son ouvrage Leçons d’éléphants: Pour la réussite des garçons à l’école offre d’autres pistes de réflexions et de solution intéressantes.

Enfin, une étude de Higgins et Berger portant sur la pratique réflexive des enseignants à l’égard de la littératie scolaire chez les garçons révèle que « la collaboration entre les enseignants a joué un rôle de premier plan et que ces derniers ont mis l’accent sur la diversifi cation des ressources pédagogiques, l’utilisation de la technologie, le développement de la communication orale et la différenciation pédagogique ».

Je termine donc ce billet de la manière que M. L’Heureux a débuté sa prestation, avec une citation de William Butler Yeats : « Éduquer, ce n’est pas remplir un seau, mais allumer un feu ».

** Pour un article complet sur les conférenciers du TEDx Wilfrid-Bastien 2014, consultez l’excellent billet de ma collègue Brigitte Léonard **

Quels seront les réseaux plécités par les ados en 2014 ?

par Webmarketing&com

http://www.webmarketing-com.com/2014/01/20/25514-comment-les-adolescents-utilisent-les-reseaux-sociaux

Voici une vidéo faite par 2factory qui vous résume parfaitement le nouvel écosystème de demain :

Tendances réseaux sociaux pour 2014

Que pensez-vous des nouveaux réseaux 2014 de la vidéo ? Les connaissiez-vous déjà ? Y a-t-il de la place pour tout le monde ? Comment doit réagir Facebook sur la baisse de ces plus jeunes utilisateurs ? Les marques devront-elles changer de stratégie et arrêter de miser sur Facebook ?

À quoi ressemblera l’école de demain?

par Audrey Miller

Pour lire l’article de Tom Vander Ark directement dans sa version originale (en anglais), cliquez ici. En voici un bref résumé.Tout d’abord, il cite trois changements fondamentaux des environnements d’apprentissage modernes, tels qu’identifiés par Bruce Dixon, architecte de programmes technologiques éducatifs de type 1:1 en Australie :
– l’apprenant devient social : il passe de « moi » à « nous ».
– l’apprenant devient autonome : il n’est plus dépendant, mais acteur principal de son apprentissage.
– l’apprenant mène ses propres enquêtes : il passe du connu à l’inconnu.À partir de là, Tom Vander Ark émet des prédictions sur les nécessaires adaptations de l’école pour continuer à former adéquatement ceux qui sont les citoyens et travailleurs de demain.1. Les écoles du futur définiront des objectifs importants, comme préparer les jeunes à être des citoyens du monde, promouvoir l’excellence en communication, garder les portes grandes ouvertes sur la communauté, etc.

2. Les écoles du futur favoriseront des expériences d’apprentissage significatives, en mettant l’emphase sur la façon dont les jeunes apprennent, en connectant les milieux pour permettre l’apprentissage en tout temps, en tous lieux, en intégrant la technologie pour faire vivre aux élèves des expériences plus profondes, par exemple en leur permettant de se mettre dans la peau de producteurs, journalistes, scientifiques, historiens, inventeurs, programmeurs, etc.

3. Les écoles du futur maintiendront des environnements d’apprentissage productifs, notamment en plaçant une portion des cours en ligne et en variant les modèles, comme l’apprentissage mixte (blended learning) ou la dynamique de classe inversée (flipped classroom).

4. Les écoles du futur connaîtront leurs élèves, en maintenant un profil complet de chacun qui permettra de favoriser l’apprentissage centré sur l’apprenant. Aussi, elles auront un super bulletin de notes dans lequel l’enseignant consignera des observations sur la façon d’apprendre de ses élèves. Ces derniers seront évalués sur leur expérience, et leur dossier contiendra un portfolio de leurs meilleures réalisations.

5. Les écoles du futur viseront l’acquisition de compétences, avec un système de reconnaissance pour marquer les progrès des élèves.

6. Les écoles du futur tireront le meilleur parti des talents des enseignants, notamment en différentiant les rôles, allant de l’assistant jusqu’au maître, en ayant parfois recours à des spécialistes à distance (concept de portée étendue, développé dans l’article).

7. Les écoles du futur construiront des communautés, en impliquant les parents et les autres acteurs du milieu, valorisant l’implication des jeunes et l’apprentissage basé sur la communauté.

Avez-vous l’impression que votre école est sur la bonne voie?